[Côte d’Ivoire Entretien] Prof Kakou épouse Yao Rita Carolina Angora à cœur ouvert parle (1ère partie)

[Côte d’Ivoire Entretien] Prof Kakou épouse Yao Rita Carolina Angora à cœur ouvert parle (1ère partie)

– de son cursus scolaire

– de ses passions

-du regard sur les étudiants

Madame Kakou épouse Yao Rita Carolina Angora est professeur titulaire à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Mariée, mère de deux enfants, l’ex-directrice des œuvres universitaires d’Abidjan 1 (Crou A1). À cœur ouvert, dans la première partie de notre entretien, elle nous parle de son cursus scolaire, ses passions, son regard sur les étudiants et ses propositions.

Pouvez-vous nous parler de votre cursus scolaire ?

Je suis titulaire d’un bac scientifique, série C. J’ai aussi une licence et une maîtrise en physique. Il y avait deux options qui s’offraient à moi. J’ai choisi la physique atomique et moléculaire. Ensuite, j’ai fait un DEA comme on le faisait à l’époque, puis après, j’ai fait 2 thèses.

La première thèse d’université  était en spectrométrie infra-rouge. Après cette thèse, je suis revenue travailler. Ensuite, j’ai fait une thèse d’Etat dans une autre spécialité, la cristallographie.

Aujourd’hui, je suis passée maître de conférences, puis professeur titulaire de physique atomique et moléculaire depuis 2008. Je suis également enseignante et en partie responsable de notre laboratoire avec mon collègue professeur Ténon. Ensemble, nous encadrons un bon nombre d’étudiants depuis quelques années. Parmi ces étudiants, certains travaillent déjà.

Au vu de tout ça, on peut dire que vous avez eu un parcours riche et bien fourni ?

Effectivement, comme on le dit chez nous, à l’époque, on pouvait se pavaner et dire qu’on a fini sa carrière avec 10 publications, mais maintenant, ce n’est plus possible. Aujourd’hui, moi, j’en ai au moins 50, mais je continue la recherche. C’est vous dire que je ne suis pas assise, les bras croisés. J’ai adoré la recherche, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce domaine.

Expliquez-nous comment tout cela a commencé.

En fait, durant mon parcours scolaire, j’étais très brillante en mathématique. C’est ce qui explique cela sans pour autant me lancer les fleurs, d’autant plus qu’en 3ème j’avais 18 de moyennes en mathématique.

Donc à ce moment déjà vous discutiez avec vos professeurs de mathématique ?

Oui, bien sûr. Et c’était tous les jours. Je ne laissais personne me parler de quelque chose sans que j’intervienne. Quelle que soit la matière, je me défendais.

Un de mes professeurs me disait : «Aujourd’hui, je vais rendre mes copies et je ne veux pas t’entendre parler». Tellement, il savait à quoi s’attendre quand il me voyait. A l’époque, quelle que soit la note que j’obtenais, je demandais toujours des explications à mes professeurs.

Depuis le départ, j’avais un grand amour pour les mathématiques.  Ce, jusqu’en classe de 2nde et 1ère où j’ai eu un professeur de physique qui nous donnait tellement d’exercices que j’ai fini par adopter la physique au détriment des mathématiques. Parce que, pour moi, les mathématiques sont beaucoup plus théoriques, alors que la physique est plus pratique. C’est vous dire que je ne suis pas partie loin des maths, mais je suis allée vers la physique, parce qu’on pouvait appliquer ce qu’on apprenait.

En réalité, avec les maths, je restais un peu sur ma faim. Car je pouvais faire des calculs et, 15 ans plus tard, quelqu’un d’autre allait venir démontrer le contraire. Alors qu’en physique, je suis obligée de mettre en application ce que j’aurai trouvé par mes calculs.

En mathématique, il y a quand même les démonstrations…

Oui, effectivement. Et il y en a autant en physique. Moi, j’ai fait la physique moléculaire et je fais aussi la mécanique quantique (la physique moderne), qui est de la mathématique Algébrique. Dans ce domaine, nous utilisons les mathématiques comme dans les autres domaines. En un mot, ce que je fais en ce moment, c’est le prolongement des mathématiques. Donc, nous ne sommes pas très loin des mathématiques.

Souvent, les gens font la confusion avec la chimie. Moi, je ne suis pas chimiste. J’ai même peur de la chimie.

Mais les deux matières allaient de pair dans les lycées et collèges ?

Vous voyez, en chimie, on devait apprendre par cœur, ça ne me plaisait pas. Je trouvais que c’était trop facile. C’était déjà des choses tout acquises. Moi j’aime les challenges, s’il n’y a pas de challenges, personnellement, ça me dérange un peu. Donc, c’est pour cela que j’ai opté pour la physique qui était beaucoup plus difficile et où on peut démontrer toute sa force.

C’est un choix personnel ou influencé les parents et l’entourage ?

Oui, c’est un choix qui a été très influencé par le professeur dont j’ai parlé tout à l’heure. Comme je le disais, il nous donnait beaucoup d’exercices. Il nous poussait à aller chercher encore plus loin.

Vous avez encore le nom de ce professeur en tête ?

Oui bien-sûr ! Il se nommait Bourelame, c’était un expatrié. Malheureusement, il est décédé il y a deux ans. Mais avant sa mort, nous étions régulièrement en contact. Même quand j’ai soutenu ma thèse, je l’ai appelé pour lui dire que : «j’ai fini par faire ce que je voulais. Je vous ai promis que j’allais être votre disciple, et je l’ai fait». Et à cette époque il était rentré au pays. C’est là-bas qu’il est mort il y a de cela deux années en arrière. C’est sa femme qui m’avait annoncé son décès.

Aviez-vous été encadrée par vos parents durant tout ce parcours ?

Je ne peux pas vous dire que je n’ai pas eu d’encadrement parce que mon père était quelqu’un de très dur. Il était très rigoureux. Comme il avait affaire à des filles, il fallait qu’il se montre encore plus rigoureux pour qu’on ne se retrouve pas dans des situations calamiteuses. Vous savez, si dans une famille, l’aîné ne réussit pas pour donner l’exemple, il sera difficile aux autres de suivre. Et surtout que dans notre famille, il avait plusieurs filles.

À l’époque il n’y avait pas de “maîtres de maison’’. Dévoilez-nous votre secret…

Effectivement, il n’y avait pas ces histoires de “maîtres de maison’’. J’étais à l’internat. En mon enfance, quand mon père nous donnait des exercices, il sortait. A son retour, il venait s’assoir pour nous suivre.

Ma sœur cadette, qui est médecin aujourd’hui, avait le verbe facile, parlait sans cesse. Lorsque notre papa me demandait de lire un bout de phrase et que je trébuchais sur un mot, c’était elle qui m’aidait. Donc, mon père me frappait en me disant : «Tu ne peux pas faire comme ta sœur…». C’était un peu comme ça qu’on étudiait en famille.

Votre père, était-il enseignant ?

Non. Mon père il était ingénieur. En tout cas, il n’a pas voulu qu’on soit en reste. Après, nous sommes allées à l’internat. Et une fois là-bas, entre nous filles, il ne s’agissait pas d’autres choses si ce n’était que le travail. On passait la plupart de notre temps au travail. Cependant, quelquefois, on sortait.

Les bonnes notes étaient basées sur une concurrence saine entre vous…

Oui, même à l’école primaire déjà, dans ma classe de CM2, j’étais dans une salle de plus de 45 élèves où il fallait se battre pour être parmi les meilleurs. Aussi, quand le maître donne un exercice, tant que tu ne trouves pas, tu ne vas pas à la maison. A l’époque, c’était eux qui choisissaient le collège d’orientation pour nous. C’est ce directeur qui a choisi le lycée Sainte-Marie pour mon orientation. Lui aussi, je le côtoyais également jusqu’en 1990, où il est décédé. Sa perte m’a beaucoup affectée, car chaque année, je partais le voir pour lui dire merci  et lui donner mes résultats.

Comme je le disais, dans les débuts, je voulais faire les maths et après j’ai opté pour la physique parce que ce monsieur Bourelam m’a beaucoup aidée. Et je voulais à tout prix être son disciple. Après le baccalauréat, en remplissant ma fiche d’orientation, j’ai choisi trois fois la physique et je me suis retrouvée là. Là encore, on était 8 filles sur 250 étudiants. A la fin de l’année, toutes les filles ont réussi à passer en classe supérieure.

Et les garçons ?

Comme vous le savez à l’époque, après la première année, il était difficile de trouver des gens en licence à cause des départs précipités pour le marché de l’emploi ou bien pour d’autres raisons particulaires. Les gens ne reprenaient pas une classe plus de deux fois.

Aujourd’hui, vous avez des publications en physique, vous êtes titulaire de deux doctorats, par ailleurs, présidente des femmes enseignantes-chercheures. Comment organisez-vous votre agenda ?

Bien ! Comme je vous le disais tantôt, moi, je suis une véritable passionnée. Actuellement, je suis en train de terminer un projet.

J’ai une autre passion qui n’est pas mise en exergue comme les autres, qui est la pratique, la manipulation. C’est-à-dire tout ce qui touche au bâtiment, à la plomberie, à l’électricité, etc. Mais, comme j’ai décidé de ne pas me disperser en dehors du travail que j’ai choisi, ça ne me posait aucun problème de faire plusieurs choses à la fois. Aujourd’hui, c’est encore plus facile parce que mes enfants ont grandi et j’ai tout le temps en dehors de mes cours, pour me consacrer à autres choses. Je passe beaucoup de temps avec mes étudiants. Il y en a deux qui vont soutenir leurs thèses bientôt. Evidemment, que ce n’est pas facile de gérer tout ça à la fois, mais j’y arrive.

Au niveau de l’organisation des femmes enseignantes-chercheures, l’essentiel pour nous, c’est que nous aimerons pouvoir aider les jeunes femmes qui embrassent l’enseignement supérieur afin qu’elles puissent, elles aussi, arriver à notre stade et d’assurer la relève. On essaie de les encadrer, de les accompagner, de les soutenir, parce que souventes fois, il y en a qui n’arrivent pas aller jusqu’au bout de leurs études.

A vrai dire, cela ne me prend pas autant de temps que ça, parce qu’en dehors de tout ça, je ne fais pas d’autres activités qui requièrent beaucoup de temps. J’aime beaucoup lire, donc à mes temps perdus, je me consacre à la lecture.

Le bâtiment, c’est un prolongement de la physique ?

Oui, c’est un prolongement de la physique. C’est de l’architecture au fait. Donc, c’est de la mécanique, l’électricité, la physique, du solide et de la matière.

J’ai toujours aimé faire cela depuis 1983. Je donne des conseils aux gens sur le bâtiment, je fais des plans pour des amis. Franchement, d’après mon époux quand je suis en train de construire, rien d’autres n’existent. Mes enfants me disent souvent : «Maman, peut être que c’est ta deuxième passion. Il faudrait que tu t’occupes de ces genres de choses». Donc, quand j’ai un peu de temps, c’est à ce genre de choses que je m’occupe. Je fais des plans pour des amis, je fais aussi des calculs (combien de briques il faut pour la construction d’un bâtiment, etc.).

Votre organisation, je veux parler des enseignants-chercheurs de façon générale, bénéficie-t-elle des moyens conséquents de l’État pour mieux faire les recherches en Côte d’Ivoire ?

Je dirais à ce niveau que ce n’est pas facile d’autant plus que pour les premiers chercheurs des années 60 à 80, l’Etat mettait les moyens pour les soutenir. Ils étaient également soutenus par la France qui leur donnait un coup de main pour faire des recherches en France. Mais dans les 90, les choses ont commencé à se compliquer. Je me souviens que de 90 à 96, j’avais des produits sous la main, mais malheureusement, je n’arrivais pas à trouver de moyens pour mes recherches. Parce que là, je n’avais pas d’appareil nécessaire pour le faire. Il fallait trouver d’abord un billet d’avion, trouver les moyens pour pouvoir se rendre en France et une fois sur place, il fallait payer pour pouvoir faire les manipulations, c’était vraiment difficile.

Aujourd’hui, vous avez au moins un laboratoire ?

Oui, aujourd’hui nous avons un laboratoire de cristallographie équipé ici en Côte d’Ivoire pour tous les enseignants-chercheurs. C’est vraiment un laboratoire normalisé et très équipé. Il reste à y mettre les moyens pour qu’on puisse bien travailler. Ce laboratoire, nous l’avons acquis grâce à l’union des cristallographes.

C’est quoi la cristallographie ?

La cristallographie, c’est la science qui étudie les cristaux à l’échelle atomique. On essaie de faire l’étude géométrique. La disposition des atomes dans l’espace est liée à ses propriétés physico-chimiques et obéit à des contraintes. La cristallographie est en rapport avec plusieurs disciplines, les mathématiques, la chimie, la biophysique, la médecine, les sciences des matériaux  etc.

Les propriétés physicochimiques sont importantes. Souvent pour expliquer la cristallographie à mes étudiants, je prends un exemple en leur disant que lorsqu’on prend une aspirine, c’est avec de l’eau mais jamais avec de l’alcool frelaté. Parce que la géométrie de la molécule de l’alcool frelaté n’a rien à voir avec la molécule d’eau et si vous le voulez, en ajoutant de la molécule d’alcool frelaté à de la molécule d’aspirine, vous allez constater que ça va donner un autre arrangement des atomes, ce qui ne va pas vous soigner, mais provoquera un autre mal dû au fait de la nouvelle disposition des atomes dans les mélanges.

Donc, nous, notre rôle, c’est de confirmer si la géométrie de la molécule que les chimistes ont trouvée après la synthèse de leur molécule est la bonne. Cela permet de mieux les orienter et leur donner le résultat exact de leur combinaison.

En plus de cristallographie, on fait beaucoup de simulations sur les molécules de toutes sortes afin d’en proposer de nouvelles à synthétiser. Nous exerçons dans presque tous les domaines. Dans le domaine des sciences des matériaux, des téléphones portables, par exemple, il y a un certain nombre de cristaux qu’on a synthétisé pour permettre à l’appareil de fonctionner correctement. Moi, je suis beaucoup plus à l’aise en mécanique quantique. Mais, aujourd’hui, on ne peut pas développer cette partie sur l’espace.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous, enseignants-chercheurs, êtes confrontés dans vos tâches quotidiennes ?

Ce que je peux dire, c’est que nous sommes nombreux, nous enseignants-chercheurs en Côte d’Ivoire. Les moyens dont nous disposons pour faire notre travail ne sont pas forcément suffisants. On nous demande de faire des projets et en plus de ça, on nous dit que ces projets doivent aller vers le développement, mais le fondamental que nous étudions, nous autres, c’est d’abord à l’avant-garde de tout.

Car, si on s’était contenté dans les autres pays développés de dire qu’il n’y a que le développement que nous allons financer, et donc les projets de développement, on n’aurait pas eu les téléphones portables, on n’aurait jamais eu les télévisions modernes, les ordinateurs et tout ce que nous possédons aujourd’hui. Même si on veut mettre tout au niveau du développement, il faut quand bien même croire qu’il y a des parties fondamentales où il faut à tout prix mettre les moyens pour atteindre ce développement. Notre grande difficulté c’est qu’on veut forcément que tout le monde fasse la même chose.

Il faut donc que l’Etat accompagne les chercheurs sans faire de tri. Nos collègues du Burkina, par exemple, ont droit chacun à un billet d’avion pour aller faire leurs recherches tous les deux ans. Quand ils ont un étudiant à encadrer, ils ont droit, chaque année, à un moyen financier de 800 000 Fcfa par étudiant en thèse, et ça leur permet de mieux nous occuper de cet étudiant dans le cadre de ses recherches et de son apprentissage.

Mais, quand il n’y a rien, on demande à l’étudiant de s’occuper lui-même des frais de ses recherches. Aujourd’hui, vu la situation difficile que chacun vit, on ne peut pas leur demander cela. Tout ça pour éviter qu’ils abandonnent leur rêve à cause d’un problème d’argent. La recherche coûte cher, donc il faut que l’Etat y mette les moyens.

Les recherches dans votre domaine ne font-elles pas partie du développement ?

Bien sûr, que si ! Je vous donne même une anecdote. En 1996, je suis allée demander un billet d’avion dans le cadre de l’attribution des bons de billets pour tous les enseignants de l’UFR, qui se faisait tous les deux ans. À l’époque, c’était d’abord la faculté des sciences, composée des mathématiques, de la physique, de la chimie, de la bio-science… On nous disait par exemple que cette année-là l’Etat avait décidé de donner 5 billets d’avion pour effectuer un voyage à l’extérieur du pays pour la recherche. Et nous étions environs 300 enseignants à demander ces bons de 5 billets.

Comment se fera le choix ? Et qui fera le choix ?

Justement ! A chaque fois, les responsables de laboratoires faisaient une sélection de façon tournante. Ils choisissaient ceux qui étaient plus avancés dans leur recherche. Conséquence : on pouvait faire 10 ans, voire 20 ans sans jamais avoir de billet d’avion pour faire une recherche.

Quel regard portez-vous sur l’enseignement perturbé ces dernières années par des grèves, chez les enseignants que les étudiants ?

Cela me permet de revenir un peu sur la recherche et dire que si, nous qui sommes enseignants, on nous donnait les moyens de notre travail, je pense qu’on diminuerait tous ces bruits. Si moi, je suis occupée dans un laboratoire pour faire mes recherches, vous pensez que j’aurai le temps d’aller m’associer aux bruits ? Si on a les moyens, je croix que ces problèmes cesseront. Si on a les moyens, on fera en sorte que nos étudiants aiment le travail. Il faut qu’on nous donne les moyens pour encadrer correctement nos étudiants.

Il ne faut pas que nos universités soient un refuge pour les élèves qui, à la fin de leur bac, ne sachent pas où s’orienter. Il faut que celui qui vient à l’université sache ce pourquoi il est là. Est-ce qu’il a un but en venant là ? On ne veut pas de gens qui ont le bac et comme ils ne savent pas où partir, se retrouve-là. Dans ce cas, ces étudiants-là, ne seront pas motivés.

Je donnais des exemples souvent aux étudiants. Je leur disais que j’avais une promotion qui fut l’une de mes meilleures promotions que j’ai eues. C’était la promotion des Thierry Zébié en 1992. Ils étaient en 2ème année de Maths-Physique-Chimie-Technologie (MPCT). Les étudiants de cette promotion faisaient beaucoup de bruits le matin, mais dans l’après-midi, quand j’arrivais en classe, ils avaient toujours fini de traiter au tableau les exercices. Ils étaient toujours en train de discuter des résultats trouvés. Moi, j’étais juste là pour trancher. A la fin de leur cursus, ils ont reçu des bourses et sont allés poursuivre leurs études à l’extérieur. La majorité est allée aux Etats-Unis et ces étudiants ne sont plus revenus au pays. Ils sont restés là-bas et y travaillent dans de grandes sociétés. Nos étudiants à l’époque avaient une autre réflexion. Le matin, ils faisaient la grève et l’après-midi, ils regagnaient les classes pour suivre les cours. On arrivait facilement à raisonner certains quand ils déraillaient en leur donnant des conseils. Malheureusement, aujourd’hui, c’est une autre réalité. On a beau avoir de grandes universités, si on ne prend pas le soin de faire asseoir nos étudiants et leur dire de prendre conscience, je crois que nous n’allons pas pouvoir mettre fin à ces grèves répétitives.

Entretien réalisé par Sériba Koné

Décryptage : Georges Kouamé

 

 

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