[Côte d’Ivoire] Le cdt Fofana Abdoulaye n’a pas été radié de l’armée ivoirienne ‘’pour Soroïsme’’

[Côte d’Ivoire] Le cdt Fofana Abdoulaye n’a pas été radié de l’armée ivoirienne ‘’pour Soroïsme’’

Sur les réseaux sociaux, Facebook et tweter, la révocation de l’officier supérieur des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), le commandant de la garde républicaine (GR), Fofana Abdoulaye, l’un des trois officiers qui assuraient la sécurité de Guillaume Soro Kigbafory, alors président de l’Assemblée nationale, enflamme la toile. Une radiation injuste selon les règles de l’armée ?

Par décision N°5478/19/EMGA/DORH du 24 octobre 2019 portant révocation d’un officier supérieur de l’armée ivoirienne, signée du chef d’état-major général des armées, le général de division, Lassina Doumbia, le cdt Fofana Abdoulaye SM/Mécano 34868 de la Garde républicaine (GR), ne fait plus partie de l’effectif des Forces Armées de Côte d’Ivoire ‘’pour désertion’’.

Le courrier de la la révocation de l’officier supérieur des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI)

Dans un tweet, le député Alain Lobognon, l’un des proches de Guillaume Soro, montre combien  ce soldat est courageux, et crie à l’injustice : « D’autres plus alertes se tapaient des courses à pieds pour enjamber les frontières-nord de la #Ci225 (Ndlr : Côte d’Ivoire). Le Commandant Fofana Abdoulaye, radié parce que proche de @SoroKGuillaume, a failli perdre la vie le 4 novembre 2004 à Bouaké », tweet-il.

Un autre tweet prêté à Soro Guillaume emboîte le pas aux affirmations de M. Lobognon : « Le commandant Fofana qui est mon aide de camp depuis 2002 a été radié de l’armée pour Soroïsme. Pourtant, le commandant Fofana a été fusillé lors des combats pour la cause @AOuattara_PRCI. Lui-même est encore stupéfait. »

Le mis en cause, Fofana Abdoulaye a-t-il été surpris au point d’être ‘’stupéfait’’ comme le souligne Guillaume Soro dans son tweet? Le commandant reste injoignable.

En revanche, la loi n°2018-861 du 19 novembre 2018 portant ratification de l’ordonnance n°2018-515 du 30 mai 2018 portant sanctions administratives applicables aux militaires vient de lui porter la sanction suprême.

Sur la question, l’article 3 stipule que ‘’Tout militaire totalisant plus de 15 jours de désertion ou 90 jours de prison sur deux années civiles consécutives, est radié des effectifs.’’

‘’Le commandant Fofana n’était pas le seul’’. Avant la démission de Guillaume Soro Kigbafory de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire le 15 février 2019, sa sécurité était assurée par trois officiers de l’armée, les commandants Jean Baptiste Kouassi, Herman et Fofana et un certain nombre de soldats dont  l’officier Cdt Vassindou Diomandé, les colonels Yéo et Ouattara dit Kobo.

Dès sa démission, de sources militaires, les différents officiers disposaient de 48h maximum pour se présenter et reprendre le service dans leurs différentes unités. Par ailleurs, l’ex-président de l’Assemblée nationale devrait choisir un seul officier pour sa sécurité. Il a porté son choix sur le cdt Jean-Baptiste Kouassi.

Officiellement, l’aide de camp de Soro Guillaume, retenu par lui-même, est le cdt Kouassi Jean- Baptiste dit JB. Fofana devait rejoindre tous les autres, à savoir, les colonels Yéo, Cobo, Ouattara Famoussa, le cdt de la gendarmerie, Hermann, ainsi que tous les sous-officiers et militaires non retenus sur la liste transmise par les services de sécurité du président de l’Assemblée nationale.

La disposition de se mettre au service de la hiérarchie a été respectée par ‘’tous’’ sauf le cdt Abdoulaye. « Tous ont répondu à la convocation sauf Fofana. À partir de ce moment, il se mettait en position d’absence et considéré comme tel. Convoqué à nouveau par sa hiérarchie, il ne s’est pas présenté à l’appel. Soro a été joint pour lui  demander de faire venir l’officier. En réponse, Soro a dit ne pas connaître la position de Fofana, mais a déclaré qu’il ne gardera que le capitaine Jean-Baptiste comme aide de camp », révèle notre source.

Les interpellations et les relances de son patron sont restées sans suite.  « Il n’a pas obtempéré aux ordres de réintégration de son unité. Les textes en vigueur autorisent une absence de quinze jours. Au-delà, c’est la désertion et les sanctions qui s’ensuivent », coupe court la muette.

À ce jour, tous les officiers et sous-officiers ainsi que les militaires non retenus ont rejoint leurs différentes unités et repris le service.

Des précisions sur la désertion. Le cdt Abdoulaye Fofana, selon nos sources militaires, est déserteur de l’armée ivoirienne depuis le 27 mai 2019, soit 06 jours après, conformément à la procédure. Il totalise 150 jours de désertion au moment de sa révocation. 10 fois plus que le délai de 15 jours inscrit dans la loi, comme pour lui accorder un délai de grâce.

« Le Cdt Fofana était informé de chaque étape de la procédure et plusieurs de ses chefs et amis ont essayé de le ramener à la raison. À tous, il a toujours répondu qu’il avait fait un choix. Les règles sont applicables à tous les militaires ». Nos sources militaires précisent que Fofana est régulièrement aperçu dans cette position de désertion dans la suite de Soro Guillaume en tournée en Europe. Ce, sans ordre de mission, sans titre de permission, sans autorisation de sortie du territoire à laquelle sont soumis les militaires.

Au moment où nous publions cette information, nous n’avons pas pu joindre Guillaume Soro tout comme son service de communication pour avoir leur version des faits.

À la lecture de l’article 3, l’ex-commandant Fofana Abdoulaye tombe sous le coup des règles applicables à tous les miliaires et non ‘’pour Soroïsme’’. À moins que d’autres articles contrarient ce qui est connu.

Le Montagnard

 

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