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[Côte d’Ivoire] Le Repprelci interpelle les autorités après l’agression du confrère César Djédjémel par des militaires (l’intégralité de la déclaration) #libertedelapresse

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La liberté de la presse en Côte d'Ivoire est toujours menacée

Déclaration du bureau exécutif du Repprelci

Le Bureau Exécutif du Réseau des Professionnels de la Presse en ligne de Côte d’Ivoire (Repprelci) a été saisi par l’un de ses membres, le journaliste César Djédjémel du site d’information www.ivoirematin.com, pour avoir été l’objet, le samedi 7 octobre 2017, de brutalité de la part de militaires commis à la sécurisation de l’opération de déguerpissement des occupants du site de l’abattoir, dans la commune abidjanaise de Port-Bouët.

Les faits tels que relatés par César Djédjémel

« Le samedi 7 octobre 2017 aux environs de 11H00, je me suis rendu à PortBouët pour couvrir le déguerpissement de l’espace situé en face de l’hôpital général, occupé par des vendeurs de bétail et des transporteurs.

Vu le calme qui régnait, j’ai décidé de faire une prise de vue, dans l’optique d’illustrer mon article, à l’aide de mon Smartphone (de marque ITEL 1508). C’est alors qu’un militaire, portant un pantalon treillis et un tee-shirt, sans macaron, a surgi devant moi et sans même vérifier mon identité que je lui ai déclinée, me prend de force le téléphone, puis l’écrase violemment contre le sol, non sans me sommer de quitter les lieux.

A sa suite, d’autres militaires ont rejoint le premier et m’ont demandé aussi de quitter les lieux et au cas où je voulais me plaindre, de me rendre à la mairie. Ce que j’ai refusé. Après une dizaine de minutes d’échanges, ils se sont éloignés de moi. Pendant ce temps, un autre militaire qui était assis aux côtés du chauffeur du tracteur, proférait des menaces en ma direction. Ce dernier est par la suite descendu de la machine, ceinturon en main et s’est mis à m’asséner des coups au visage et sur mon bras, en dépit de l’interpellation de ses autres collègues.

Me laissant dans le sang, il reprend place dans le tracteur pour poursuivre l’opération de déguerpissement. N’ayant plus mon téléphone, pour appeler à l’aide, ce sont les déguerpis qui sont venus à mon secours, en m’accompagnant à l’hôpital général de Port-Bouët, où j’ai reçu des soins à mes frais.

Des examens complémentaires m’ont été demandés en vue de la production d’un certificat médical. De là, je me suis rendu à la gendarmerie de Vridi-Cité où j’ai porté plainte contre X. Les militaires malheureusement ne portaient pas leur nom.

Auprès du procureur militaire, j’ai tenté, le lundi 9 octobre 2017, de porter plainte contre mes agresseurs. Mais ses locaux étant en réfection, le procureur militaire m’a demandé de repasser, le temps qu’il reprenne fonction dans son nouveau local ».

2La position du REPPRELCI

Au regard de ce qui précède, le Bureau exécutif du REPPRELCI, en attendant une éventuelle version des mis en cause,

– estime que ce comportement vise tout simplement à empêcher et intimider les journalistes dans l’exercice de leur métier.

– est indigné par ce comportement des militaires qui ne donne pas une image reluisante de la Côte d’Ivoire

– Condamne avec énergie la violence et les voies de fait à l’endroit de Monsieur César Djédjémel

Par conséquent le REPPRELCI recommande ce qui suit aux autorités ivoiriennes compétentes

 de traduire systématiquement les militaires responsables de tels actes devant le Conseil de discipline de l’armée et de publier officiellement les sanctions appropriées

 de garantir l’intégrité physique et psychologique des journalistes dans l’exercice de leur métier

 de mettre les agents de maintien de l’ordre de manière structurelle dans un processus de formation continue sur la protection des journalistes.

Fait à Abidjan le 21 novembre 2017

Le Bureau Exécutif

Le Vice-président et Porte-parole

Lassina Sermé

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