D’un mandat à un autre… mandat (Par Maurice Ferro Bally)

D’un mandat à un autre… mandat (Par Maurice Ferro Bally)

Les mandats d’arrêt internationaux rythment la vie politique nationale et ne bénéficient pas du même traitement des officines de propagande.

En 1999, Alassane Ouattara a quitté, cinq ans plus tôt, le PDCI-RDA (ex-Parti unique et au pouvoir dont il était le n°2) et est devenu le président du RDR, le 1er août. Il a annoncé, à son investiture, sa candidature à la présidentielle d’octobre 2000.

Le 29 novembre 1999, Henri Konan Bédié lance contre lui un mandat d’arrêt international pour ‘’faux commis dans des documents administratifs, usage de faux et complicité’’ afin qu’il montre patte blanche par rapport à sa nationalité ivoirienne pour présider aux destinées d’un parti ivoirien et ses deux cartes nationales d’identité.

‘’Soro dénonce une campagne politique pour l’éliminer de la course mais ne bénéficie pas du même écho de la lutte que Ouattara.’’

Levée de boucliers occidentale contre le concept dit d’ivoirité présenté comme responsable de cette mesure tendant à lui barrer la route. En exil en France, Ouattara a stigmatisé, en octobre, une politique discriminatoire dont ses compatriotes du nord et lui seraient victimes et qui a fait mouche: ‘’On m’empêche d’être candidat parce que je suis musulman et du Nord de la Côte d’Ivoire’’.

Bédié sera renversé par des ‘’Jeunes gens’’ le 24 décembre 1999. Une transition militaire s’est ouverte et conduite par le général Guéi Robert, jusqu’en octobre 2000.

En 2019, Soro Guillaume a rompu, un an avant, avec le RDR et le RHDP Parti unifié; il a, pour cela, perdu son ‘’tabouret’’ à l’Assemblée nationale et à l’Assemblée parlementaire francophone.

En tournée en Europe, cet ancien chef rebelle qui a rejoint, avec armes et bagages, Ouattara durant la crise post-électorale pour se dresser contre Laurent Gbagbo dont il a été le Premier ministre (2007-2010), a annoncé sa candidature à la présidentielle d’octobre 2020.

‘’Le hic, tous les deux sont des fils du Nord du pays.’’

De ce fait, opposant au pouvoir Ouattara, il a entrepris de fustiger notamment la ‘’croissance appauvrissante’’ du régime, l’autocratie et l’imposture de son ancien allié.

Le 23 décembre, jour de son retour au pays, Ouattara a actionné la justice et lancé contre son ancien Premier ministre et ministre de la Défense (2011-2012) un mandat d’arrêt international pour ‘’attentat contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national’’.

Ouattara, qui maintient encore nombre de partisans de Gbagbo sous le coup de cette mesure, refuse de subir ce qu’il a soutenu contre son prédécesseur: la déstabilisation et l’instabilité. Aussi, a-t-il fait dépoussiérer des enregistrements audio de 2017.

Soro dénonce une campagne politique pour l’éliminer de la course mais ne bénéficie pas du même écho de la lutte que Ouattara.

Le hic, tous les deux sont des fils du Nord du pays. Après avoir condamné la politique ivoiritaire au point de monter une rébellion armée contre le pouvoir de Laurent Gbagbo, ils se disputent le pouvoir.

Ils embarrassent visiblement non seulement leurs compatriotes de cette région septentrionale du pays qui se déchirent désormais entre pro-Ouattara et pro-Soro, mais aussi leurs réseaux occidentaux qui, contrairement aux bashings des régimes précédents, resten

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