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[Interview] Avant la rentrée littéraire en France: Dr Pascal Roy se prononce sur l’actualité ivoirienne #civ

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"Redéfinissons les règles, donnons le pouvoir à la démocratie, arrêtons de militer et de voter par défaut"

-« Toutes les ambitions sont légitimes, mais ells ne deviennent réalisables en politique que selon trois éléments essentiels: l’histoire, la loi et la vision »

-« En politique, ce n’est que dans la disgrâce que l’on acquiert la clairvoyance »

-« En Côte d’Ivoire, les partis politiques actuels, aux gestions numéraires, filiales et sépulcrales, ne répondent plus aux attentes d’une majorité d’ivoiriens »

Connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Pascal Roy, Dr Pascal Dieudonné Roy-Ema à l’état civil, est né en Côte d’Ivoire et est originaire de Krinjabo dans le département d’Aboisso. Après les études primaires, le secondaire, les 1er et 2è cycles universitaires en Côte d’Ivoire,  il a poursuivi ses études universitaires de 3è cycle à Poitiers puis à Paris, en France où il réside depuis une quinzaine d’années. Au terme de deux cursus doctoraux, il se révèle Philosophe et Juriste.À la faveur de la rentrée littéraire 2017, il se pronounce sur l’actualité ivoirienne.

Qui est Dr Pascal Roy à part ce que nous savons lorsque vous signez vos contributions et réflexions ?

''Il n’y a qu'en France que le monde des lettres se mobilise autant entre fin août et fin octobre''
« Il n’y a qu’en France que le monde des lettres se mobilise autant entre fin août et fin octobre »

Je suis titulaire d’un Master II de Médiations dans les Organisations, avec comme spécialité la prévention, la gestion et le règlement de crises (conflits) et diplômé de Sciences Politiques. Chercheur-Associé à l’Institut Catholique de Paris (France), Enseignant-Chercheur des Universités avec des interventions à l’Université Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), à Versailles et au Centre de Formation de la Défense de Bourges (France), Consultant en Ressources Humaines, chroniqueur, écrivain, j’aime me présenter comme un citoyen du monde, un historien du présent et un intellectuel libre, réaliste et fréquentable. Un intellectuel qui aime aller au sublime, c’est-à-dire à ce qui touche au détriment du beau qui se contente de charmer. Oui, toucher le cœur de la vie à travers des actions qui permettent de discuter des réalités en créant les conditions pour mieux faire passer les messages authentiques de mes livres, de mes articles et de mes billets sur les faits, les événements sociaux, les itinéraires politiques et notre condition existentielle. Je préfère jeûner avec les aigles que de manger avec les pourceaux.

En quoi consiste la “rentrée littéraire”?

La “rentrée littéraire” est une expression qui, en France, désigne une période commerciale concentrant un grand nombre de parutions de nouveaux livres (tous genres confondus) et qui a lieu chaque année entre fin août et début novembre. C’est un rendez-vous, un rituel, une grand-messe littéraire en marge de la rentrée scolaire et universitaire. C’est un événement unique au monde. Il n’y a qu’en France que le monde des lettres se mobilise autant entre fin août et fin octobre. Il n’y a qu’en France que tous les projecteurs se tournent, médias y compris, vers les livres. La France, c’est quand même le pays qui fut longtemps le centre mondial des lettres et c’est intéressant qu’il puisse encore y exister cette tradition qui témoigne de la vitalité de l’édition et de l’appétit des lecteurs. Nous sommes bien dans la patrie de La Fontaine, Rabelais, Balzac, Stendhal, Flaubert, Proust, Céline… Le phénomène de la “rentrée littéraire”, dont il est difficile de dater l’origine exacte, s’est progressivement imposé au cours du siècle dernier au point de devenir un événement incontournable de l’économie du livre et l’objet d’opérations médiatiques de grande ampleur. Quand certains crient à la noyade du fait de la grande quantité de  livres à “avaler” ou à lire, d’autres (et j’en fais partie) s’enthousiasment d’une telle vitalité qui ne peut que donner envie de plonger dans l’océan des pages. Cela donne de quoi à se préparer aux soirées pluvieuses d’automne et aux nuits d’hiver à venir. On connaît la phrase de Montesquieu : « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dispersé ». Dans ce monde souvent inquiétant et sombre, la lecture d’un livre en synchronisation avec d’autres lecteurs nous rattache à l’humanité.

La “rentrée littéraire” est également le moment ideal pour chaque écrivain de promouvoir ses livres auprès des journalistes, des medias, des libraires et sur les réseaux sociaux. C’est dans cette optique que j’ai souhaité m’ouvrir à votre site d’informations, en passant en revue mes différents écrits.

Aujourd’hui, grâce à vos qualités intellectuelles à travers des colloques internationaux, des cours, du coaching structurel, des conférences et vos productions littéraires, vous vous êtes imposé comme l’un des plus brillants et des plus respectés intellectuels de la diaspora ivoirienne et même africaine. Vous êtes aussi le libre auteur de la biographie humanitaire de la Première Dame de Côte d’Ivoire et Présidente de la Fondation Children Of Africa, Madame Dominique Ouattara. À ce jour, vous êtes l’auteur de six livres. De quoi parlent-ils? Quels sont vos projets littéraires?

« Les achats en ligne sont opérationnels sur le site de l’éditeur edilivre.com … »

Des exemplaires de mes livres [ « Dominique OUATTARA, une femme des grandes causes humaines » (20€),  «  « Être et Temps » et le problème du sens de l’être » (12€), « Art et technique de la prévention, gestion et résolution de crises » (11,5€), « Déréliction et Facticité chez Martin Heidegger » (29€), « Flirts avec la mort » (13€) et « La sécurité sociale : une belle œuvre de civilisation » (14,5€) ] sont disponibles en rayon et à la commande sur le marché ivoirien et africain auprès de la librairie de France et de la librairie L’Harmattan. Vente effective chez tous les grands libraires en France, en Europe et aux États-Unis: l’Harmattan, Jean Vrin, Gilbert Joseph, Payot, Cultura, Develay.  Les achats en ligne sont opérationnels sur le site de l’éditeur edilivre.com  ou encore sur les sites: fnac.comamazon.fr (clients américains principalement), decitre.frpriceminister.compayot.ch (clients suisses principalement), uculture.frcultura.comchapitre.com ….et sur mon site : www.docteurpascalroy.com.

Tout en précisant que mon 7è livre est en écriture et qu’il porte sur les femmes, je voudrais m’appesantir sur mes deux derniers ouvrages parus en 2016 (Flirts avec la mort) et en 2017 (La sécurité sociale: une belle oeuvre de civilisation).

Mon 5è livre, paru en 2016, porte sur l’omniprésence fatale de la mort dans la vie. En effet, que nous soyons croyants, philosophes, scientifiques ou politiciens, il est toujours difficile de choisir les bons termes pour parler de la mort. Drame humain auquel tout un chacun est confronté, on la désigne souvent par des litotes comme disparition, perte, silence ou sommeil… comme si le mot était trop dur à prononcer, car trop cruel. Oui Vulnérables, donc humains, sommes-nous! Tel est le sens de notre vraie existence. Et les multiples événements terroristes en France, en Côte d’Ivoire et ailleurs dans le monde, confortent cette réalité implacable: notre vulnérabilité, c’est-à-dire la conscience de la fragilité et des limites de notre condition humaine. Il n’y a plus d’espace protégé dans le monde. Prendre un bus, le train, l’avion, aller au café, au ciné, au restaurant, au supermarché, à l’hôtel, à l’école, au stade…, c’est prendre le risque de ne plus revoir les siens. Tout est précaire et mortel. Ce qui me renvoie à la vue ces mots de ce célèbre médecin, Xavier Bichât, professés en 1800 : « la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » . Ô que la mort est partout, imprévisible et inévitable humainement! En attendant la nôtre, mon 5ème Livre nous invite à vivre comme « une eucharistie », c’est-à-dire savoir et pouvoir dire avec pertinence, un merci vrai, gratuit et nourricier à Dieu et autour de nous, chaque fois qu’on peut aller et revenir, dormir et se réveiller sans croiser la fin, tout en professant ceci: le spectre imminent de la mort et la dangerosité de l’existence ne doivent pas édulcorer les forces de vie et la volonté de réalisation humaine et sociale. L’existence est une minuterie de la mort. Je dédie mon 5ème Livre à toutes les victimes de toutes les lâchetés meurtrières partout dans le monde, à leurs familles, leurs proches et force de liberté à ce divers peuple de vivants à travers nos sociétés !

Quant à mon 6è livre, il parle de l’utilité de la sécurité sociale. C’est en réaction à la perte de sens de ce qui fait l’homme, la dignité humaine, la civilisation qu’ont été créés, immédiatement après la guerre, des systèmes de solidarités visant à relier entre eux les membres d’une même société, d’une même nation. Et le système français recouvrant tous les mécanismes relatifs au bien-être de chaque individu dans la société, initié dès le 19ème siècle, reste l’un des plus emblématiques du monde. Cet ouvrage qui est une contribution à la promotion de la philosophie de la protection sociale, en revisitant le système de sécurité sociale en France, parti du département de la Vienne à travers La Mutuelle du Poitou Assurances, créée en 1908, la plus vieille des mutuelles de France, invite à faire partager, à l’échelle du monde, cet idéal; car c’est l’absence de partage de cette sécurité sociale au niveau mondial qui rend, semble-t-il, notre monde si inéquitable, si fragile et malheureux par endroits. La sécurité sociale doit être une œuvre de toutes les civilisations. Elle exige une mobilisation sans faille pour renforcer les cohésions nationales et faire vivre la solidarité à l’intérieur des états et dans le monde.

Docteur, vous étiez très prolixe et acerbe dans la presse et sur les réseaux sociaux, entre 2010 et 2016 sur l’actualité ivoirienne. Mais on ne vous entend plus alors que les débats font rage en Côte d’Ivoire sur la succession du président Alassane Ouattara ou même sa troisième candidature en 2020, la “guerre” des héritiers au RDR, les bruits de couloir au RHDP, les divisions au sein du FPI.  Qu’en pensez-vous? Pour 2020, qui soutiendrez-vous?

« En Côte d’Ivoire, depuis 1990, on semble donner raison à Sweig Stefan »

C’est vrai que selon la pensée grecque, l’essence de l’homme réside dans le langage ; l’homme est un « zoon logon ekon« , un vivant (animal) doué de la parole. Par conséquent, agir en homme, agir conformément à son essence, c’est penser et parler. Mais pas de n’importe quelle manière. Et c’est là qu’Heidegger dépasse la définition traditionnelle : l’homme sera pleinement homme, pleinement ce qu’il doit être, pleinement « accompli », dans la mesure où il sera capable d’établir une relation poétique et méditante avec ce qui « est » avant tout, c’est-à-dire avec l’Être.  La Côte d’Ivoire, c’est ma patrie et la demeure de mes ancêtres. Et les ancêtres, on ne les déplace pas, on ne les transporte pas en exil, mais on les vénère.

Vous comprendrez que nous qui avons des rapports filiaux ancestraux avec la Côte d’Ivoire, nous ne pouvons pas nous conduire comme ceux qui ont des relations d’affection numéraire ou des rapports économiques et stratégiques avec ce pays. Nous sommes tenus par la sincérité et la lucidité. Ceux qui me suivent savent que toutes ces questions brûlantes de l’actualité ivoirienne ont déjà été traitées par mes soins dans des journaux, sur des sites d’informations en ligne et sur les réseaux sociaux entre 2013 et 2016. J’ai encore des chroniques en 2017 qui font des interpellations en ce sens.

Toutes les ambitions sont légitimes mais ells ne deviennent réalisables en politique que selon trois éléments essentiels: l’histoire, la loi et la vision. Je suis un démocrate et un patriote (entendu comme celui qui aime son pays sans en vouloir aux autres) et dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire, je souhaite que d’autres candidatures soient suscitées en plus de celles que vous évoquez. Notre pays regorge de nombreux enfants talentueux et c’est à souhaiter qu’ils viennent enrichir la competition démocratique de 2020. Messieurs Alassane Ouattara, Guillaume Soro et Amadou Gon Coulibaly sont des personnalités de premier plan dans le fonctionnement institutionnel de notre pays. Et si l’une de ces personnes, au regard de l’histoire de la nation, de son histoire personnelle, de l’histoire événementielle, de la loi électorale et de la morale universelle, le peuple dans sa majorité pense qu’elle a une vision (projet et programme) qui est conforme à ses attentes, alors ce sera à lui de délibérer dans les urnes en 2020.

En Côte d’Ivoire, depuis 1990, on semble donner raison à Sweig Stefan: En politique, ce n’est que dans la disgrâce que l’on acquiert la clairvoyance. Malheureusement, il y a une modernité politique qui échappe à beaucoup de ceux qui fantasment sur un dessein national en se construisant des crevaisons dans une absence d’habileté. Il faut savoir quitter, le plus simplement possible, la scène politique tout comme les autres scènes socio-professionnelles, sans sortir de l’histoire. Se sentir prêt et public, ce n’est pas être populaire c’est-à-dire avoir l’adhésion du peuple.

Chaque citoyen peut faire tourner et développer son pays grâce à ses mains ou à son ingéniosité. Personne ne peut freiner personne durablement et éternellement! Chacun de nous est dans l’Histoire et a son histoire. Mais chaque histoire citoyenne ne peut orienter l’Histoire d’une Nation ou d’un peuple. Le drame, c’est quand on perd la lisibilité de son histoire, car cela peut nous desservir de façon fracassante. Attention: la seule volonté ne peut jardiner l’Histoire car elle ne dicte pas la météo politique…! La météo politique se lit, se relit et se décrypte sainement pour qu’elle fasse école, loin des passions et émotions, sans se médire et se prédire, car elle est foncièrement imprévisible.

La dignité de l’homme ne tient plus à la position qui lui aurait été assignée, une fois pour toutes, dans l’édifice cosmique. Ce qui constitue sa dignité, tout au contraire, c’est que rien pour lui, rien en lui n’est acquis une fois pour toute. Malheureusement, les plus hautes déterminations de l’essence de l’homme n’expérimentent pas toujours et encore la dignité propre de l’homme et se développent contre l’humanisme.

« Ce qui est en jeu dans cet humanisme-là, ce n’est pas l’homme, mais l’essence historique de l’homme… »

Selon Heidegger, l’humanisme est « l’effort visant à rendre l’homme libre pour son humanité et à lui faire découvrir sa dignité » (cf. leDiscours sur la dignité de l’Homme de Pic de la Mirandole). Ce qui est en jeu dans cet humanisme-là, ce n’est pas l’homme, mais l’essence historique de l’homme en sa provenance du sein de la vérité de l’Être voire l’intérêt collectif, celui de l’humanité qui nous éclaire d’une flame universelle.

En Côte d’Ivoire, les partis politiques actuels, aux gestions numéraires, filiales et sépulcrales, ne répondent plus aux attentes d’une majorité d’ivoiriens. À trop protéger les ambitions personnelles de leurs leaders, ils en oublient l’intérêt général et ne sont plus représentatifs. Nous accordons certains pouvoirs aux politiques et nous pouvons également les leur enlever. Ils sont et ils devraient être à notre service. Redéfinissons les règles, donnons le pouvoir à la démocratie, arrêtons de militer et de voter par défaut.

Interview réalisée par téléphone par Sériba Koné

 

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