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[Interview Côte d’Ivoire] Joël Poté du Cojep : « Médiapart confirme de ce que nous avons dit »

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"La Côte d'Ivoire a besoin de tous ses filles et fils pour reconstruire son système démocratique encore fragile."

-« Voici pourquoi nous avons initié l’opération « CPI ça suffit ! ». »

Dans cet entretien, le secrétaire exécutif chargé de la mobilisation et de l’éveil du Congres panafricain des Jeunes et des Patriotes (Cojep), Joël Poté réagit suite au contre-interrogatoire du témoin Philippe Mangou dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé détenus à La Haye.

Le procès de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo et de son ministre, Charles Blé Goudé a été marqué cette semaine par le contre-interrogatoire du général Philippe Mangou, témoin clé de l’accusation. Quelles sont vos impressions après son audition ?

« Médiapart confirme de ce que nous avons dit… »

Je voudrais vous dire merci. Pour répondre à votre préoccupation, c’est maintenant que je découvre le général Mangou comme tous les Ivoiriens d’ailleurs. Je pense que « le fils de pasteur » a raté sa vocation. La manière la plus noble de servir son pays, c’est sous le drapeau et non à côté du drapeau.

On l’a vu se dédire à plusieurs reprises, notamment en affirmant ne pas connaître Soro Guillaume. Êtes-vous surpris par ses déclarations ?

Mangou s’est plaint à plusieurs reprises à la barre de ne pas disposer de munitions et d’armes c’est pour cette raison qu’il a refusé de faire la guerre imposée. C’est encore le même Mangou qui affirme à la même barre que s’il disposait de munitions et des armes il ne ferait pas la guerre.

Vous comprenez donc que le rôle de Mangou était ailleurs, c’était bien celui de convaincre le président Gbagbo de quitter le pouvoir au profit de ses nouveaux patrons notamment Guillaume Soro qu’il refuse de reconnaître comme chef de la rébellion. Mangou a tenu des discours de nature à galvaniser, à motiver ses soldats sur la ligne de front pour les préparer à défendre le pays sans leur dire par la suite que c’était peine perdu. Je pense que Mangou est responsable de la mort de ses hommes et des représailles dont ils sont victimes.

Le contre-interrogatoire des avocats de la défense vous a-t-il donné satisfaction ?

Je voudrais profiter de votre micro pour saluer les avocats de la défense, tous sans exception pour le travail abattu jusqu’à ce jour et pour le travail qui reste à faire pour la manifestation de la vérité. Néanmoins, je voudrais exprimer ma fierté pour la prouesse dont font preuve ces jeunes avocats ivoiriens. Qui font la fierté de notre génération. J’ai été surtout marqué par la coloration panafricaine de cette équipe de défense à travers la présence de l’avocate camerounaise Me Josette Kadji dont les interventions déroutent l’adversaire et font honneur à l’Afrique.

Après les auditions de Bredou Mbia, Kassaraté, Guiai Bi Poin et Mangou le procureur peine toujours a démontrer le fameux  »plan commun ». Pourquoi selon vous ?

Cher monsieur, on ne cherche pas midi à 14h ou des poux sur une tête rasée. Nous l’avons dit hier et nous le répétons encore aujourd’hui, le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé sont victimes d’un règlement compte politique et la CPI sert de cadre pour tenter de donner une coloration juridique à ce règlement de compte. Il faut plutôt chercher « le plan commun » du côté de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, Ouattara, Choï et autres.

Dans ce cas, le procès a-t-il encore sa raison d’être ?

Non, non et non ! C’est pourquoi le Cojep a initié l’opération « CPI ça suffit ! ». À travers cette opération, nous voulons faire de la libération du président Gbagbo et Blé Goudé une cause qui enthousiasme tous les Ivoiriens. Nous voulons joindre à nos voix d’autres voix qui ne partagent pas les mêmes opinions politiques, mais qui sont soucieuses de la paix et de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Ceux qui estiment que la Côte d’Ivoire a besoin de tous ses filles et fils pour reconstruire son système démocratique encore fragile. Alors nous disons « CPI ça suffit ! ».

Le journal français Mediapart a fait récemment des révélations sur la collusion entre Ocampo, l’ancien procureur de la CPI et Nicolas Sarkozy pour transférer illégalement le président Gbagbo à La Haye. Etes-vous surpris par ces informations ?

Les révélations de Mediapart ne sont pas une bouffée d’oxygène. Médiapart confirme de ce que nous avons dit et donc nous conforte dans notre position. Ces révélations ne sont que la partie visible de l’iceberg. Pour le triomphe de la vérité, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout.

Il y a donc des raisons d’espérer une issue heureuse pour Gbagbo et Charles Blé Goudé ?

La CPI joue sa crédibilité dans ce procès et la seule issue qui s’offre à elle c’est la libération pure et simple du président Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé. La liberté, la justice, l’amour de son peuple sont des valeurs qui résistent au temps que personne ne peut détruire. La popularité dont jouissent le président Gbagbo et le ministre Blé Goudé jusqu’à ce jour témoigne de l’amour qu’ils ont pour les Ivoiriens. Nous avons bon espoir qu’ils rentreront chez eux, en Côte d’Ivoire. C’est dans la montagne du désespoir que se trouve la pierre de l’espérance. Aujourd’hui la montagne s’est affaissée.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Interview réalisée par le Sercom du Cojep

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