[‘’Jusqu’au bout du rêve’’] Michel Koffi (journaliste) : « Une vie si bellement ramassée par deux plumes de talent »

[‘’Jusqu’au bout du rêve’’] Michel Koffi (journaliste) : « Une vie si bellement ramassée par deux plumes de talent »

Michel Koffi, journaliste (Grand Reporter) à Fraternité Matin a présenté l’ouvrage intitulé : ‘’Jusqu’au bout du rêve’’ co-écrit par les journalistes, Agnès Kraidy et Zio Moussa, au lancement officiel de parution  du livre, jeudi 9 janvier 2020 à Abidjan. Ci-dessous, l’intégralité de la présentation de l’ouvrage consacré à biographie de Mathieu Kadio Morokro.

Présentation de l’ouvrage ‘’Jusqu’au bout du rêve’’

Monsieur le vice-président, condisciple du héros du jour et parrain de la cérémonie. Les organisateurs m’ont dit : 5Mn. Puis, 7 mn, ayant sans doute compris la difficulté de la tâche, à raconter 70 ans d’une si riche vie en si peu de temps, ils ont divisé 70 par 10. Cela a donné 7 min. Je vais m’y conformer.

Agnès Kraidy et Zio Moussa les auteurs du livre

« Vernis sélectif, dorure en relief, papier bouffant, livre imprimé ici, préface royale, postface divine. Le regard d’un homme scrutant, comme pensif, l’horizon, portant beau. Des lunettes aux éclats d’or. En lettres d’or : Mathieu Kadio Morokro. Deux plumes, Agnès Kraidy et Zio Moussa pour un héros : le fondateur de Petro Ivoire. ». Avec un titre-programme : « Jusqu’au bout du rêve », paru aux Éditions CERAP. 198 pages.

Voici comment se présente à nous cet ouvrage écrit à deux mains, à deux têtes bien faites pour montrer en modèle, dans nos républiques souvent si orphelines de vrais modèles à imiter, un self made man comme il faut.

Signé par deux auteurs de talent, journaliste, plumes confirmées et affirmées : Zio Moussa et Agnès Kraidy, je me garderai de vous présenter donc. Merci de m’avoir fait découvrir dans ces belles pages, comme un beau conte conté à conter, l’épopée d’un homme au parcours souvent méconnu qui fait la fierté d’une nation.

AUTEUR

Pour écrire la belle histoire de ce grand homme, vous avez choisi… LE GENRE BIOGRAPHIE, ce genre qui sied bien à des auteurs de talent et non à des braconniers de l’art.  Comme les littéraires ont tort de considérer comme peu littéraire ce genre, qui revient en force depuis les années 1990. On assiste, en effet, depuis, à la floraison de toutes sortes de biographies, aussi bien de personnages historiques (roi, président, etc.) que d’écrivains, de peintres ou de ces héros du monde moderne que sont les vedettes du sport ou du cinéma.

D’ailleurs, les biographes se sont diversifiés : ils sont historien, journaliste, critique d’art, romancier, enseignant, etc. Á cela s’ajoute même celle des petites gens, en rupture avec la tradition des « hommes illustres ».

En Côte d’Ivoire, on doit, à notre connaissance, à Frédéric Grah Mel, auteur d’une brillante biographie en 3 tomes consacrée à Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République, d’avoir promu ce genre. Henriette Dagri suit avec «  Á la gloire de mon père », Agnès Kraidy, également avec Alex Kipré avec « Marie Béatrice Abréma Kétouré, au volant d’une vie », enfin le jeune Benjamin Gnaléga, le fils de son père qui a décidé de sortir une œuvre à la gloire de son père, l’un des tout premiers proviseurs noir de la Côte d’Ivoire ».

L’HISTOIRE de JUSQU’AU BOUT DU RÈVE

On pourrait la résumer ainsi. C’est celle d’un homme que frappe le malheur si tôt les yeux à peine ouverts sur le monde : la mort de sa mère, « une tragédie » dit-il. Une douleur qu’il ne saurait oublier. Mais de ce handicap, le fils unique de sa mère tirera toute sa force de vivre, avec pour seul limite « le ciel ». Avec pour seule fortune, le capital travail qu’il inoculera à ses enfants, aidé et soutenu en cela par une épouse battante, Aissata, qui lui donnera cinq enfants, fruits de leur amour à prendre en modèle, vieux de plus de 50 ans !

Haut cadre à Shell, mieux directeur des Opérations et directeur général de la Société ivoirienne de fabrication de lubrifiants (SIFAL), filiale commune de Shell, Total, Mobil et BP, ce diplômé en physique-chimie de l’Université Libre de Bruxelles en novembre 1970, aurait pu se contenter de ce poste juteux, et vivre somme toute heureux, lui petit-fils de fondateur de royaume, fils de créateur d’entreprise et négociant de commerce prospère. Que non ! Trop ambitieux pour rester dans l’écurie de cette multinationale, où il doit faire face à tant d’hostilités.

Investir et gagner ! Telle est sa soif. Avec ses 45 millions de Fcfa cumulés comme droit de départ de Shell, il a l’audace de fonder en 1994, « contre vents et marées » écrivent les deux biographes, Pétro Ivoire, dont il est le PDG, aujourd’hui PCA.

L’INTÉRÊT DE CET OUVRAGE

Il dit le rêve d’un homme qui ne rêve pas couché dans les lits de la paresse, mais celui d’un homme qui est allé cueillir aux prix d’immenses sacrifices, de renonciation, les étoiles de sa vie, tout près du ciel, «  sa seule limite ». Il avait pour devise : Aller jusqu’au bout de son rêve, être un grand bâtisseur d’empire financier. Sénèque disait : « il n’y a pas de vent favorable pour qui ne sait où il va ». Et, comme la vie n’appartient qu’aux audacieux, alors, il ira jusqu’au bout de son rêve. Rêve d’affirmation de soi, de grandeur, inscrit dans ses gènes. Beau titre, en effet. Qui permet à Agnès et Zio Moussa, en historien, en sociologue, en ethnologue, en conteur de nous faire voyager, dans un style d’une finesse finie, l’épopée de cet homme qui n’a pas créé l’or noir, mais qui, avec audace, avec des « sans-peur-de l’aventure un peu fêlés sur les bords » a pu créer un empire industriel, ayant su marier le gaz au pétrole, jusqu’à devenir 3e en distribution en pétrole «  juste après Shell et Total » et en première position en gaz, avec « 34% de parts de marché ».

L’entreprise marche, prospère, se recapitalise et contre toute attente, le capitaine décide de marcher sur les chemins de sa vie, se replonger dans les entraves de la tradition. Il devient Nanan, chef du village Affalikro, par succession… patrilinéaire.

Une interrogation demeurera : comment a-t-il pu l’être ? En lisant cette belle biographie, le lecteur découvrira que cet arrière-petit-fils de fondateur de royaume, fils de créateur d’entreprise et négociant de commerce, neveu de Sa Majesté Nanan Boa Kouassi III, 17e Roi de l’Indénié, oncle maternel donc de Mathieu, est de sang noble. Il y est écrit : « Á la création du royaume Ndenian, une branche de la famille royale fondatrice est venue s’installer à Niablé. Et Mathieu est le successeur vivant de Kouadio Andon, de sang purement royal »

Une autre interrogation, enfin : Qu’est ce qui peut bien pousser un roi, qui d’ordinaire ne parle ou n’écrit, à descendre de son trône royal pour signer la préface d’une biographie ? « Dire, comme l’écrit à juste titre le royal préfacier, tout son bonheur de signer la préface de la biographie de cet homme d’exception ». Tout est dit et si bien dit.

Il nous faut conclure

Dans un pays où les seules entreprises à succession familiales étaient la SIFCA (agro-industrie), Nsia (banque-Assurance), Macaci (Industrie), Sipra (agro-industrie) Petro Ivoire reste un exemple à imiter, à travers l’itinéraire d’un homme d’exception, de vouloir qui veut. Et Jusqu’au bout du rêve reste pour nous un bel évangile, dans le sens de bon et beau message, tiré de l’histoire personnelle d’un homme qui a décidé non seulement de devenir entrepreneur dans l’or noir, mais mieux, d’être « l’un des meilleurs. Sinon, le plus grand ».

Zio Moussa et Agnès peuvent donc s’interroger en répondant, en psychanalyste : « Sur qui et sur quoi comptait-t-il ? Sur lui-même. Sa devise, moteur de sa combattivité et sa passion, se tiennent la main. Il les célèbre ». Lisons-le concerné : « La passion vient du fait que qu’on se lance dans ce qu’on a appris, ce qu’on sait faire. Elle vient aussi du fait que vous affrontez un défi qui est un véritable moteur pour celui qui veut entreprendre. Moi, ce qui me poussait, ce sont toutes les frustrations que j’ai accumulées à Shell. Il faut aussi de l’ambition et de l’audace. Et j’en avais »

Il a communiqué à son fils, aujourd’hui Directeur général de Pétro Ivoire, cette passion. Et le succès continue, chiffre à l’appui. De 28 stations-services, en prenant les commandes, Petro Ivoire est passé à 67. Voire plus, assurément. Puisque l’année d’écriture de ce beau et bon livre date de 2016. Mon petit doigt me dit que Petro Ivoire a les yeux rivés vers des ailleurs, à la conquête des marchés africains. Le fils sait de qui tenir. Aller toujours plus haut, vers l’impossible possible. Et je peux lire comme l’écrivent à bon escient les deux biographes : « Mathieu peut dormir tranquille. Sébastien le prolonge à merveille. Fils, il est le fil qui le relie aux nouvelles générations en quête de repère. Et de référence. Et de modèle ». Tel père, tel fils, tels parents, tels enfants, devrais-je dire.

Merci à Zio Moussa et Agnès d’avoir réussi à nous entraîner à lire, jusqu’au bout, 70 ans d’une vie. Et quelle vie, si bellement ramassée par deux plumes de talent ! qui ont su nous faire découvrir tout l’homme : têtu et entêté en affaire comme en amour, croyant convaincu, le père, l’époux exemplaire, qui porte fièrement les insignes de sa lignée royale, la bravoure des Morokro

Monsieur le vice-président, jusqu’au bout de ma promesse, je n’y suis pas arrivé. Alors, j’ai divisé les 70 ans par 7. Cela m’a donné 10 mn. Division pour division,

Je vous remercie.

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