Le match Côte d’Ivoire-Madagascar, jeudi : M’batto, entre horreur et rumeurs

Le match Côte d’Ivoire-Madagascar, jeudi : M’batto, entre horreur et rumeurs

Abidjan, le 11-11-2020 (crocinfos.com) À Barthelemy Zouzoua Inabo: Le corps s’impose à l’esprit. L’esprit demande un break. Donc, si tu me cherches, tu sais où me trouver…

L’actualité en Côte d’Ivoire, c’est le match Côte d’Ivoire-Madagascar, jeudi 12 novembre 2020 à 16 h, sans public et sans journalistes pour raison de Covid19 et cette effervescence politique qui n’en finit pas de montrer l’horreur dans toute sa dimension.

Tous les sélectionnés ivoiriens sont à Abidjan. À l’exception de Juma Saeed, rappelé au dernier moment et qui est attendu. Le sélectionneur national, Patrice Beaumelle devait face à la presse ce mercredi 11 novembre 2020, mais la rencontre a été annulée sine die par la FIFA et la CAF à cause de la Covid.

À la conférence de presse du jeudi 5 novembre 2020, il avait rendu publique la liste des sélectionnés, puis expliqué son projet de jeu, son ambition avec la Côte d’Ivoire et ses attentes par rapport aux athlètes.

‘’À 17 h, les journalistes qui le souhaitent pourront suivre l’entraînement de l’équipe au stade olympique d’Ebimpé. L’équipe malgache sera dans la même enceinte pour la prise de contact avec la pelouse à 16 h’’.

La liste des 26 joueurs a connu quelques réaménagements. Des professionnels cochés n’ont pu rejoindre le groupe. Le cas de Christian Kouamé de la Fiorentina. Un cas de Covid19 a été découvert chez les joueurs et du coup, l’équipe italienne est mise en quarantaine. Juma Saeed a été rappelé pour pallier son absence.

Le sélectionneur national a tous ses éléments ou presque sous la main. Pour mettre en place son dispositif tactique. Il en dira plus lors de son rendez-vous avec la presse. À 17 h, les journalistes qui le souhaitent pourront suivre l’entraînement de l’équipe au stade olympique d’Ebimpé.

L’équipe malgache sera dans la même enceinte pour la prise de contact avec la pelouse à 16 h.

Un match sans journalistes…

Les mesures draconiennes autour du match imposé un nombre strict de spectateurs dans le stade. 200 personnes, indique un communiqué de la Fédération ivoirienne de football (FIF) transmis à la presse. « Le match Côte d’Ivoire-Madagascar se jouera à huis-clos, sans spectateurs et sans représentants des organes de presse. » Ne seront admis à l’intérieur du stade que les techniciens de la production audiovisuelle pour la retransmission en direct du match. Ils devraient en principe faire la preuve des tests négatifs à la Covid19.

La protection des professionnels

La Confédération africaine de football (CAF) prend les mesures nécessaires pour la protection des athlètes. C’est vrai, au regard des chiffres rendus publics par les autorités sanitaires, le virus est sous contrôle en Côte d’Ivoire. Il n’est pas aussi dévastateur qu’en Europe. Et la deuxième vague qui oblige les pays européens à se confiner n’a pas pointé le nez en Afrique et en Côte d’Ivoire. N’empêche, les joueurs sélectionnés sont pour la plupart des professionnels. Ils évoluent dans les clubs qui sont extrêmement exigeants sur la santé de leurs employés. Plusieurs clubs font d’ailleurs des difficultés pour la libération de leurs athlètes. La CAF ne veut prendre aucun risque pour éviter de tomber sous le flot des critiques,

Les amoureux du football et certains journalistes ne sont pas contents. Et ils l’expriment vivement. Il faut cependant se rassurer, les compétitions reprennent sur le continent aires une longue période de suspension en raison de la pandémie. Il est préférable de démarrer au diesel. Puis accélérer la cadence.

Encadré

Politique: M’batto, entre horreur et rumeurs

La Côte d’Ivoire devrait féliciter le Commandant supérieur de la gendarmerie, le Général Alexandre Apalo Touré. Il est partout et nulle part. Certains l’appellent « le pompier de service ». Celui qui arrive toujours après l’incendie. Son passage finit par calmer les esprits, faire baisser la tension. Il est sur le terrain. Pour éteindre les braises qu’il n’a pas allumées. Ceux qui attisent le feu disparaissent, se cachent, font circuler les rumeurs, se tiennent loin du théâtre des opérations et comptent les morts. Les politiciens parlent, incitent à la violence, dressent les populations les unes contre les autres puis fuient les zones de conflits et se terrent ailleurs. Le jour les militants des partis comprendront que les hommes politiques jouent à chaque instant, leurs intérêts, ils aviseront. Ils ne mourront pas bêtement pour ces hommes et ces femmes-là. Ils joueront pour leurs vies.

Le commandant supérieur de la gendarmerie avec le préfet de M’Batto au domicile de l’iman. Ph.Dr

Toute la journée de ce mardi 10 novembre 2020, le Général Alexandre Apalo Touré était à M’batto. Il y est arrivé par la route. Il a rencontré les parties belligérantes. Discuter avec les communautés. Il a mis les uns et les autres face à leurs responsabilités.

Selon un enseignant sur place, les affrontements à M’batto sont partis des incompréhensions entre jeunes. Les militants de l’opposition ont entrepris une marche de protestation dans le cadre de la désobéissance civile le lundi 9 novembre 2020. Des jeunes se réclamant du parti au pouvoir ont refusé la traversée de leur zone. La mèche a été ainsi allumée et le feu a pris des proportions inquiétantes. Tard dans la nuit de ce lundi 9 novembre 2020, l’enseignant n’a pas arrêté d’alerter l’opinion. « M’batto, huit blessés graves à évacuer. Mais pas de route. » Ou alors, « Nous sommes sous couvre-feu mais les tirs continuent. »

Tôt, le mardi 10 novembre 2020, « une vraie guerre depuis 6 h du matin. C’est très inquiétant ».

‘’La question fondamentale à se poser au regard des événements tragiques dans plusieurs régions est celle-ci: comment des populations qui vivent ensemble depuis plusieurs années en arrivent à se détester à ce point?’’

Le bilan dressé par le Préfet du Département fait état de trois morts, 26 blessés dont deux cas très inquiétants.

La question fondamentale à se poser au regard des événements tragiques dans plusieurs régions est celle-ci: comment des populations qui vivent ensemble depuis plusieurs années en arrivent à se détester à ce point? Les problèmes politiques sont peut-être juste des comburants. Les explications doivent être ailleurs. Soit, la cohabitation est de façade, soit des questions foncières mal réglées, ou des occupations anarchiques et forcées des espaces reviennent à la surface à la faveur des tensions politiques. Et puis, il y a les discours, parfois irresponsables et incitateurs à la violence des hommes politiques.

Par Fernand Dedeh

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