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[Licenciement de 76 agents de l’Agence de l’emploi jeune en Côte d’Ivoire] L’administrateur explique les raisons en 16 points #jeunesse

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« Le syndicat s’est inscrit dans un rapport de force et de défiance, foulant aux pieds la trêve sociale obtenue la mi-août 2017 par le gouvernement auprès des partenaires sociaux »

-Le ministre Sidi Tiémoko Touré, le dernier recours

L’administrateur de l’Agence de l’emploi jeune (AEJ), Jean-Louis Kouamé Kouadio était face aux journalistes le jeudi 23 novembre 2017, à Abidjan pour expliquer les motifs du licenciement de 35 agents contractuels et la mise à disposition de la Fonction publique de 41 fonctionnaires.

CONFERENCE PRESSE_ADMINISTRATEUR AGENCE EMPLOI JEUNES 23.11.2017 BON 

En 16 points, le premier responsable de cette institution a expliqué les raisons de la décision prise  du 25 septembre 2017, ‘’pour faute lourde’’ suite à un mouvement de grève ‘’illégal’’. Une décision prise au regard de l’article 82.18 du Code de travail qui stipule que ‘’Les grèves engagées ou continuées en violation des présentes dispositions peuvent entraîner pour les travailleurs la perte du droit à l’indemnité et au dommages-intérêts pour rupture du contrat.’’

Face aux journalistes, l’administrateur n’est pas allé de mains mortes. « L’administration a pris des mesures consistant au reversement à la direction des ressources humaines de sa tutelle, de 41 agents fonctionnaires et à la rupture de contrat de 35 agents contractuels », a déclaré Jean-Louis Kouadio d’entrée de jeu.

En effet, poursuit le conférencier depuis l’avènement du Syndicat national des Travailleurs de l’agence emploi jeunes (Synat-AEJ), des revendications sont exprimées. Les agents exigeaient, selon des sources administratives, le paiement de primes (primes précédemment versées ‘’uniquement aux agents de l’ex-Agepe)’’, le passage de la couverture maladie de 90% à 100%, ainsi que la revue de la grille salariale.

Face à la situation qui rendait l’atmosphère lourde, l’administrateur a mis en place un comité de concertation composé de trois directeurs de l’administration de l’agence emploi jeunes, de trois représentants du syndicat, de trois représentants du délégué du personnel et un représentant de l’inspecteur général du travail (section du Plateau).

« L’administration a pris des mesures consistant au reversement à la direction des ressources humaines de sa tutelle, de 41 agents fonctionnaires et à la rupture de contrat de 35 agents contractuels »

À cet effet, souligne le conférencier, une première réunion s’est tenue le 28 juillet 2017 qui a permis, selon lui de définir les modalités de fonctionnement du comité de concertation et le calendrier de travail. Malheureusement, le travail du comité n’a pas pu aboutir à ‘’des propositions concrètes et réalisables’’ sur les points de revendication. « Le syndicat s’est inscrit dans un rapport de force et de défiance, foulant aux pieds la trêve sociale obtenue la mi-août 2017 par le gouvernement auprès des partenaires sociaux », a poursuivi Jean-Louis Kouamé Kouadio.

Ce qui a tout mélangé. La dernière dérive de lundi 4 et mardi 5 septembre 2017, traduite par la perturbation et l’arrêt de travail en violation de la trêve sociale, sans qu’ ‘’un préavis de grève informe leur employeur’’, a mis le feu aux poudres. Une demande d’explication a été adressée individuellement à chaque agent mis en cause par le constat d’huissier. Ce, concernant, une revendication de primes qui, selon le cadre de dialogue concernait 300 personnes. Le secrétaire du syndicat, réclamait, à en croire notre source 300 millions FCFA, soit 1 million FCFA par personne pour les calmer.

Le dialogue ayant été rompu, l’administration de l’Agence a pris des mesures consistant au reversement à la direction des ressources humaines de sa tutelle, de 41 agents fonctionnaires et à la rupture de contrat de 35 agents contractuels ‘’pour ramener le calme’’.

« Aucun agent en situation de congés maladie ou ordinaire au moment des faits, n’a été concerné par les mesures prises », a expliqué Jean-Louis Kouamé Kouadio. Et d’ajouter : « En ce qui concerne l’Agence Emploi Jeunes, ses initiatives ont été conformes aux textes en vigueur afin de maintenir un climat de travail propice à l’atteinte de ses objectifs ».

Par ailleurs, dans le cadre de la structuration de l’agence emploi Jeunes et conformément à son ambition de devenir un service public d’emploi de référence au niveau régional et continental, l’administrateur explique qu’un plan d’ajustement de son personnel (hérité des entités dissoutes (Agepe, FNJ, Fiden et autres fonds sectoriels) avait été décidé à travers un licenciement pour motif économique d’une partie de ses agents.

Cette décision avait fait suite à une mission d’audit d’un cabinet international qui recommandait, d’accroître les effectifs des emplois ‘’cœur de métier’’ de 46% à 70% au moins, de réduire inversement les métiers ‘’supports’’ et d’améliorer l’emploi des compétences exigibles aux postes clés.

Cette mesure visait, a-t-il dit, le licenciement de 88 agents contractuels et la mise à la disposition de la Fonction publique de 125 fonctionnaires. Mais, grâce au dialogue sociale, ‘’tous les emplois ont été préservés’’.

La réforme du secteur de l’emploi en 2015 a été accompagnée de la création, par ordonnance n°2015-228 du 08 Avril 2015, de l’Agence nationale pour l’insertion et l’emploi des Jeunes, dénommée Agence Emploi Jeunes (AEJ), suite à la dissolution des dispositifs existants (Agepe, FNJ, Fiden et autres fonds sectoriels).

Elle vise à rationaliser le dispositif administratif et technique de promotion de l’emploi, mais surtout d’apporter une plus grande visibilité et efficacité aux initiatives gouvernementales en faveur de l’emploi des jeunes, en donnant un coup d’accélérateur aux mesures actives en direction des jeunes.

Sériba Koné

Encadré

La main tendue des licenciés au ministre Sidi

Le Syndicat national des Travailleurs de l’agence emploi jeune (Synat-Aej), conduit par son secrétaire général, Tchimou Raphaël reconnaît son tort et demande la clémence du ministre Sidi Tiémoko Touré. « Seul, le ministre peut résoudre le problème. Je suis prêt à sacrifier mon poste pour l’intégration des autres agents. Les assurances ont été suspendues et les agents sont invités à prendre leurs certificats de travail avec les droits calculés sur base de ‘’fautes lourdes’’. Je suis prêt à me sacrifier pour la réintégration des autres », a plaidé Tchimou Raphaël très affecté par la mesure.

Cependant, à en croire à l’administrateur, grâce au dialogue social, l’AEJ a maintenu 88 agents contractuels et 125 fonctionnaires qui devraient être mis à la disposition de la Fonction publique.

Ce dialogue qui est ‘’l’armes des forts’’ doit toujours continuer afin d’éviter des cas d’immigration. Surtout que, le gouvernement qui n’a pas de contrat légal (mais moral) avec les immigrés, est en train de faire des mains et des pieds pour rapatrier ses compatriotes de la Libye. Mieux, ils percevront un kit de réinsertion social selon le Ministère de l’Intégration.

Ne dit-on pas qu’une faute reconnue est à moitié pardonnée ? Les filles et fils d’Houphouët-Boigny devraient méditer sur cette valeur afin de trouver des solutions, là où le dialogue entrepris a été interrompu.

Sériba K.

 

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