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[Reportage Côte d’Ivoire] À Abidjan, les responsables de l’établissement sanitaire communautaire de Port-Bouët II, se souviennent #santé

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Aujourd'hui, les populations fréquentent de plus en plus la Fscucom de Banco II

-Trois journées consacrées à 20 ans d’existence de la Fsucom

Décembre 1997-décembre 2017, cela fait vingt ans qu’est née la Formation sanitaire urbaine à base communautaire (Fsucom) de Port-Bouët II. Les 7, 9 et 10 décembre prochains vont être consacrés à la commémoration de ces longues années. Cette célébration est placée sous le haut patronage de la ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Dr Raymonde Goudou Coffie et le parrainage de l’épouse du général Ouassénan Koné, Mme Antoinette Ouassénan, sage-femme à la retraite.

Le PCA, Abou Touré

Aussi, depuis le mardi 28 novembre 2017, l’établissement de santé communautaire, construit sur un espace de 2.500 m2, soit ¼ d’hectare, a-t-elle fait sa toilette des grands jours et affiche une fière allure. La nouvelle couche de peinture qui lui donne un bel éclat à la veille de  cet anniversaire, vient rafraîchir d’autres couches d’une longue histoire, d’une marche parsemée d’espoir et de désespoir.

Comme si c’était hier, les responsables de l’établissement sanitaire communautaire, situé en face du nouveau marché du quartier de Port-Bouët II, dans la grande commune de Yopougon, se souviennent. La naissance du premier bébé dès l’ouverture du centre en décembre 1997, avait écrit en lettre d’or la joie et l’avenir prometteur de cette Fsucom. À travers l’écran de son ordinateur, le gestionnaire nous montre avec beaucoup de fierté la photo de ce bébé.

En dépit des embellies actuelles, le parcours du centre a été très vite marqué par la traversée du désert, pendant  les douloureuses périodes de la longue période de crises successives qu’a connu notre pays.

Le gestionnaire, Atché Kouassi Tanoh

Un passé que le gestionnaire, Atché Kassi Tanoh et le président du conseil d’administration du centre, Abou Touré tentent d’oublier. Mais, comme une gangrène, ce pan de l’histoire reste difficile à cicatriser.

« Il y a eu de longs moments difficiles, pendant lesquels nous avons failli tout abandonner. Quand le fonds de démarrage de six mois mis à la disposition du centre par la coopération française est épuisé, le moment de galère a commencé. Nous avions moins de fréquentations, les médicaments se faisaient rares », se souvient le gestionnaire.

De trois bâtiments au départ, le centre a connu une extension fulgurante grâce à la politique managériale des premiers responsables ‘’sur fonds propre’’. « Nous avons bataillé très fort. La traversée des moments difficiles a été un défi à relever que nous surmontons chaque fois grâce à la conjugaison de nos idées », indique Abou Touré.

Quand la persévérance finit par payer. À ce jour, cet établissement public à gestion privée et à but non lucratif, lié à l’État par une convention de service public (contrôlé et supervisé par le ministère de la santé), fait son petit-bonhomme de chemin.  Et depuis, les choses ont beaucoup évolué. En effet, de la salle d’accouchement à la pharmacie en passant par le dispensaire, l’extension du site est visible. Par exemple, la salle d’accouchement qui ne disposait que de deux suites de couche et d’un bureau de consultation de consultation prénatale (CPN), les premières années, dispose aujourd’hui de trois bureaux de consultation prénatale, d’un bureau échographie, d’un de la PTME (Prévention, transmission, mère-enfant), d’un bureau de l’AMD (collecte des données) et d’un bureau de l’ECG (électrocardiogramme). Mieux, un bâtiment R+2 , est sorti de terre et abrite désormais l’administration avec une boutique et une cantine au 2ème étage.

Le nouveau bâtiment qui sert d’administration

Cette envie de travailler pour le mieux être de la communauté a fini par payer. En 2016, sur une population de l’aire sanitaire de la Fsucom de Port-Bouët II estimée à plus de 42.000 habitants, le centre a réalisé 40.791 consultations médicales, 3.634 consultations de gynécologie, 9.159 consultations prénatales, 3.089 accouchements, 44.460 vaccinations, 2.774 mises en observation, 5.560 soins infirmiers et sensibilisé 4.236 femmes sur le planning familial.

De la maternité au dispensaire en passant par la pharmacie et la caisse, un monde fou patiente, attendant d’être reçu en fonction du service qui va l’accueillir. « Les cas que nous ne pouvons pas gérer, sont transférés dans les différents Centres hospitaliers et universitaires (CHU) », indique le gestionnaire. Ce dernier sollicite l’aide des bienfaiteurs afin que l’établissement obtienne une ambulance pour des transferts d’urgence.

« Depuis plus de cinq ans, je viens me soigner régulièrement ici. C’est ici que j’ai fait mon premier bébé que j’envoie à la consultation ce matin », explique dame Salimata avec un sourire.

Les plaintes, il en existe, mais très vite les choses rentrent dans l’ordre sans heurts. « Bonjour monsieur, je viens vers vous parce que je ne comprends pas pourquoi, j’ai été reçu au guichet d’accueil de façon discourtoise », se plaint un agent de la police qui se soigne dans cet établissement grâce à un partenariat avec la mutuelle de sa corporation. Atché Kassi Tanoh explique que ces plaintes vont s’atténuer à partir de 2018 et propose les projets à court terme.

Dans l’optique d’une garantie de l’accessibilité aux soins de santé de qualité à moindre coût pour les populations, d’autres démarches sont en cours pour la réalisation et l’aboutissement de certains projets. « Nous avons sollicité un partenaire qui nous a donné son accord de principe pour la construction d’un préau de vaccination »,  indique le gestionnaire.

Les premiers responsables du centre n’attendent pas s’arrêter dans leur lancée. Ils envisagent informatiser tout le système de transmission des données dans tous les services. « Cela, afin que la traçabilité des prestations de la journée se fasse dans la transparence pour éviter les nombreuses plaintes. Ce système va beaucoup nous aider dans les rapports (SIG) au niveau des données statistiques », ajoute Atché Kouassi Tanoh.

Trois journées pour marquer les 20 ans. La première journée sera marquée par des soins, des consultations gratuites, des campagnes de sensibilisation et de prévention sur certaines pathologies et des activités sportives.

La deuxième journée sera consacrée à la salubrité publique (nettoyage et opérations coup de balai, récurage de caniveaux…) dans les trois quartiers de l’aire sanitaire (Port-Bouët II, Gesco et Ananeraie).

La troisième et dernière journée sera celle des allocutions des personnalités de marque, le baptême de la maternité, la décoration et la récompense des travailleurs, des lauréats ainsi que des activités sportives et des opérations la salubrité.

Les festivités des 20 ans de la Fsucom de Port-Bouët II, s’annonce comme un moyen de sensibilisation citoyenne à la chose commune.

Sériba Koné

 

 

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